Histoire des cinémas, 21/02/11.

Publié le par L1 Infocom, Cru 2010/2011.

 

 

Partiel + vidéo individuelle à rendre au dernier TD.

 

L'image en mouvement

 

 

Introduction :

 

Depuis le moyen âge l'image fascine, pas seulement en terme de peinture.

Il existe deux outils de création d'image :

  • La lanterne magique.

  • La caméra obscura.

 

Ces techniques sont utilisées pour faire peur, voyager, enseigner, séduire. Lorsque l'image se désolidarise du support elle devient magique. Il y alors une dématérialisation. L'image numérique n'est pas la 1ère image immatérielle. Par conséquent, ce type d'image échappe alors momentanément au marché de l'art. L'image dématérialisée est à l'époque davantage en lien avec la foire, les fêtes foraines et la sorcellerie.

Il est impossible de dissocier les inventions techniques et les images car les inventions induisent un changement de perception du monde. Comment fonctionnent alors les images actuelles ?

 

                                         I. Le déplacement.

 

 

                     A) La lanterne de projection.

 

1. Le fond noir.

 

La lanterne de projection (ou lanterne magique) est un appareil dont on ne peut pas situer l'origine ni la date de création, néanmoins Kircher (allemand) fut le premier à expliquer le procédé dans son livre « Grand art, la lumière et l'ombre » et cette invention lui fut alors attribuée.

Lanterne est une boite à l'intérieur de laquelle on place une source lumineuse (bougie à l'époque) et disposant d'un diaphragme pour projeter des images animés sur un support externe.

Descartes améliore le procédé mais il s'intéresse davantage à la caméra obscura. Il rajoute une lantille dans la chambre noire pour obtenir plus de lumière.

La caméra obscura enregistre une image dans le réel, elle a un aspect plus documentaire tandis que la lanterne magique effectue des projections d'images sur support qui sont davantage dans l'illusion « projection d'image venant de l'esprit ».

Dès lors, plusieurs inventeurs commencent à personnaliser la lanterne magique dans sa forme (ex: Boudha, 1879, musée Unterdenlinden, expo 2008). La lanterne magique offre une dualité constante qu'on retrouve dans tout système ou nouvelle technologie. C'est à la fois « la fille de la science et de l'optique » et « la fille de l'illusion, la magie et l'art ». elle est alors utilisée principalement par les charlatans qui pouvait faire apparaître de la peur dans les foules pour les influencer/contrôler. Le coté nomade des charlatans a eu pour conséquence un essor rapide de la lanterne magique, elle fut rapidement connue dans le monde entier. La relation à l'image projetée est alors différents selon les espaces et lieux.

 

Fantasmagorie : se faire peur à l'aide de représentation de fantômes.

 

A noter que Louis 17 fut le premier roi à avoir bénéficié d'un enseignement via la lanterne magique avec son précepteur.

 

Les images peintes sur verre ont besoin d'un fond noir pour apparaître, révéler l'image. Les contours cernés révèlent quant à eux la forme.

 

Philippe Favier, « Les îles vagues », 1988.

Dispositif sans lumière intérieure ou extérieure . C'est un travail effectué sur négatif en utilisant de l'émail à froid qu'il place après avoir gratté le verre. C'est la peinture elle même qui génère l'image. Le noir donne une impression de flottement et l'effet « oeilleton » avec le cadre en aluminium donne un effet de profondeur. Le verre permet quant à lui de mettre une certaine distance avec l'image.

Autres travaux :

« L'amiral or ou l'ambivalence des sucrettes » (1994, au château d'Annecy) : impression de création dans la masse comme avec du vitrail.

« Les vents » (1986) : la bande noire et le manque de cadre donne une impression de mouvement, de 3D.

 

Jérôme Bosch « Le jardin des délices », 1504.

Abondance de personnages mis en scène/situation (comparaison possible avec « ou est charlie? »). On peut alors voir qu'un cadre peut isoler de l'extérieur mais également entre les choses (dans le tableau), ce qui crée un manque de temporalité. Il place des scènes différentes, des époques différentes dans une même surface.

 

2. Synthèse soustractive des couleurs.

 

Cette technique consiste à soustraire à la lumière blanche ses composantes bleus, vertes, rouges à l'aide de filtres respectivement jaune, magenta et cyan. La source lumineuse est alors le support physique sur lequel on travaille. Chaque couche de couleur ajoutée enlève de la luminosité au support ainsi chaque couche ajoutée nous rapproche un peu plus du noir.

La lanterne magique effectue les deux procédés car on travaille en soustractif et on projète en additif.

 

Le procédé Pathé-color, Jean Méry, 1905.

C'est une machine permettant de peindre à la main une bande cinématographique. C'est une technique demandant beaucoup d'argents et qui abime la piste sonore, elle a alors amener au développement d'une autre technique : La technicolor.

 

Len Lye et Norman Mac Laren sont deux personnes qui ont travaillé sur la pellicule sans dissocier le son et l'image. Ils jouent sur les transparences et les superpositions d'images ce qui est en général peu utilisé dans le cinéma classique.

 

Len Lye : Color Box, 1935.

Norman Mac Laren : Begone dull care, 1949.

 

3. Le fond noir sur logiciel.

 

En comparant un logiciel de montae vidéo et un logiciel de retouche photo, on peut remarquer que le premier possède un fond noir tandis que le 2è possède un fond clair/blanc. Le fond noir sur logiciel de montage vidéo a pour but de montrer comment l'image se crée par système de superposition (mouvement).

Asavoir que le blanc revient toujours à la surface comme le montre l'exemple de la craie blanche sur fond vert et du feutre noir sur fond blanc : dans le premier le cube paraît vide, dans le second il est plein). Dans le logiciel vidéo, le noir permet à chaque pixel d'apparaître et de les superposer. Il agit comme un espace ouvert, vide, sans fin dans lequel scintillent les pixels qui construisent l'image.

Il est parfois intéressant de passer par un logiciel de montage vidéo pour effectuer des retouches photos avant d'utiliser un logiciel de retouche photo.

Le blanc dans les logiciels de retouche photo (aussi appelé scène) est un fond matière qui donne une impression de volume à l'objet et qui donne corps au dessin. On a le sentiment qu'il s'avance vers nous grâce à une impression de surface opaque.

 

Rappel : le noir et le blanc sont des valeurs, non des couleurs.

 

Pierre Soulages : « J'aime l'autorité du noir qui ne trangise pas [...] ».

Il utilise de l'encre d'imprimerie (épais et brillant) dans son travail. La couleur teinterait les murs blancs d'où son utilisation du noir.

 

La lanterne magique doit son premier déplacement à la lumière car son matériau principal est la lumière.

Païni : « La lumière traverse alors l'image : elle la transporte, la duplique, la dématérialise, la temporalise, voire la sublime »

La lanterne magique permet pour la première fois de voir du microcosme en macrocosme (ex : insectes) et c'est aussi la première fois qu'une image est dématérialisée. Ce sont des images peintes à la main uniques mais il existe plusieurs modèles. Avec la lanterne magique, les images s'échappent des mains de l'homme, elles se promènent à la vitesse de la lumière, elles reflètent la vie et la mort, le banal et l'exceptionnel.

 

Gary Hill, Tall Ships, 1992. 12 chanel video installation.

Installation qui consiste en un succession d'apparition d'images (fantômes) en lien à des lignes de lumières qui apparaissent lorsqu'on s'approche pour murmurer des choses non compréhensibles. La couleur bleu étant la couleur complémentaire du jaune (lumière du soleil, naturelle) il ressort davantage dans le noir et a donc été utilisée pour cette installation.

 

Bill Viola, He weeps for you (installation).

Il y a dans son travail, une mise en avant de la philosophie traditionnelle de correspondance entre le microcosme et le macrocosme, ou croyance selon laquelle toute réalité supérieure dans l'échelle de l'être se reflète.

 

Cela permet de se rendre compte de comment est construit une image.

Site MOMA : plein d'interviews d'artistes expliquant leur cheminement vers la création de leurs installations, performances, etc.

 

Françoise Parfais, livre : vidéo, un art contemporain.

« quand l'image est désolidarisée de son support, elle apparaît toujours comme éphémère ».

 

                       B) La lumière.

 

La lanterne magique est l'ancêtre de la diapo.

Exemple : dans les cathédrales, on peut voir que les vitraux vus de l'extérieur ne montrent pas de couleurs alors que, vus de l'intérieur, la lumière relève la transparence, les dessins ce qui donne une impression d'images suspendues, magiques. Le terme « vitrail » est apparu au 17è siècle (avant on utilisait le terme « vitrine ») et désigne des verres colorés. C'est au 14è siècle qu'apparu la première verrerie française.

Il existe deux manières de travailler un vitrail :

  • en ajoutant de la matière.

  • En enlevant de la matière.

 

Pierre Soulages a travaillé des vitraux pour un bâtiment religieux de moines cisterciens (qui voulaient que leur lieu de culte ne soit pas trop coloré car cela empêche la méditation). Il a élaboré une matière permettant d'obtenir des effets amenant des modulations/ondulations.

 

George Duffy, journaliste : la matière est crée est constituée de grains de verres très blancs réparties de façon non homogène et qui ne fond pas.

Pour les vitraux, on voit une domination du bleu de l'extérieure mais une domination des tons chauds à l'intérieur ce qui rend la lumière vivante.

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