Photographie contemporaine, 10/12/10.

Publié le par L1 Infocom, Cru 2010/2011.

Pictorialisme, 1890 :

 

Premier mouvement artistique international.

Cette tendance de la photographie se contente à l'origine d'imiter la peinture, d'où son nom pictorialisme.

 

Les pictorialistes recherchent leur inspiration dans tous les mouvements esthéitiques : impressionnisme, symbolisme, japonisme et l'art nouveau. Un même goût pour le travail en extérieur est partagé avec l'école de barbizon.

 

Les vues extérieurs sont très fréquentes : paysages romantiques ou bucoliques, images de la ville s'éveillant à la modernité.

 

Les pictorialistes s'intéressent plus aux effets esthétiques qu'à l'acte photographique lui même . Ils expérimentent de nombreuses techniques qui, jointes au choix des sujets, de la composition et aux effets naturels ou optiques, transforment chaque photographie en épreuve unique.

 

La nouvelle objectivité ou Straight photography (photographie pure), 1915 :

 

Un courant international se développe et applique désormais les particularités mécaniques, mimétiques du médium et l'esthétique particulière qui en est issue : netteté de l'enregistrement, précision du détail, structuration par la lumière, nuances en demi teintes.

 

Dans cette optique nouvelle, l'objet devient un sujet de prédilection pour les photographes et prête ses formes à une représentation résolument nette (et sans détour) et la réalité.

 

La nouvelle objectivité/vision, 1920 :

 

L'apparition sur le marché de petits appareils maniables donne aux photographes une nouvelle liberté. Abandonnant la prise de vue frontale et horizontale héritée du siècle précédent, ils adoptent des angles inédits, structurants et fragmentants le cliché par des diagonales dynamiques et des cadrages en plan rapprochés.

 

La majorité des tenants de ce courant sont des artistes complets avec une influence des arts plastiques sur leur travail qui est évidente. Les nouveaux photographes revendiquent une forme technicienne et moderne de la photographie. Beaucoup d'entre eux révolutionnent toutes les disciplines avec enthousiasme, prônant le mélange des genres.

 

Il faut s'emparer du monde en le photographiant de manière inédite, perspectives insolites, déformer la réalité. Dans la chambre noire on pratique le photogramme.

 

 

Le reportage de guerre et la photographie humaniste, 1920 :

 

Grâce aux appareils photo maniable => augmentation reporters.

 

Même si le reportage de guerre a existé dès les origines de la photographie, il faut attendre l'essor des magasines d'actualité des années 20 pour que le reportage apparaisse réellement. Les hommes politiques deviennent complices des reporters car ils se rendent compte du pouvoir de l'image.

 

La photo humaniste est un courant photographique international qui réunit des photographes ayant un intérêt pour l'être humain dans sa vie quotidienne.

 

Mythe de « l'instant décisif » exemplifié par Henri Cartier-Bresson.

 

La photographie conceptuelle, 1965 :

 

Les conceptuels suivent Marcel Duchamp et l'idée d'une oeuvre qui, au délà de l'objectivité de la peinture et de la sculpture, serait un pur signe et s'annoncerait sur le mode du « ceci est de l'art ».

 

L'art conceptuel se sert de la photo pour démanteler l'idée selon laquelle la peinture et la sculpture ont une supériorité inhérente sur les autres médias. Il s'agit de rompre avec le concept traditionnel d'oeuvre et de permettre l'entrée de la photo dans l'art.

 

La photo est souvent prise dans une « Esthétique de l'administration » qui classe, fiche, met en série et archive. Elle est une trace de l'action, un document.

 

Le renouveau documentaire, 1960 :

 

Le style documentaire revendique l'effacement de l'opérateur, l'intérêt pour l'architecture vernaculaire, la pauvreté même de l'image photographique. Celle-ci doit être intégrée à l'article sans mettre en avant une forme d'art.

On voit apparaître une photographie de la monotonie.

 

La photographie plasticienne, 1980 :

 

Les artistes utilisant la photo s'inscrivent dans l'histoire de l'art. Les médias ne cessent de se frotter les uns aux autres, de se métisser, la transversalité est devenue la logique du système. Au schéma moderniste, la photographie plasticienne a opposé :

  • La mort de l'aura.

  • La fin de la croyance en l'originalité et en la nouveauté.

  • Capacité à reproduire, répéter, sérialiser.

 

Les années 2000 :

 

Les grandes thématiques qui traversent les courants de l'histoire de la photo existent toujours. Que l'approche soit documentaire, historique, ou artistique, la photographie est toujours un moyen d'observer, d'analyser et de comprendre le monde.

L'émergence de nouveaux médias influe sur les modes de production et de diffusion des images (POM).

 

La photographie, oeuvre ou document ?

 

En même temps qu'elle est réellement un autonome, l'image renvoie le regardant à la réalité qu'elle signifie. Les aspects sémiologiques de l'image concernent, la réthorique des signes.

Il faut distinguer le signe et son référent (« ceci n'est pas une pipe », Magritte, 1929). Un signe est la réunion de quelque chose que je perçois et de l'image mentale associée a cette perception. On appelle signifiant, la face matérielle, physique, et signifié la face immatérielle, conceptuelle, qu'on ne peut appréhender que intellectuellement. La signification unit le signifié et le signifiant.

Trois grands types de signes sont mis en évidence par Peirce : l'icône, l'index, et le symbole :

  • Icône : un signe relié par ressemblance à l'objet représenté (l'image de la pomme renvoie à la pomme dans sa réalité).

  • Index/indice : les signes indiciels sont des traces sensibles d'un phénomène (la fumée pour le feu).

  • Symbole : un signe doté d'une signification abstraite (allégorie, drapeau).

 

Le document est de l'ordre de l'icône, de l'index, l'oeuvre est de l'ordre du symbole.

 

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